Quai de la station de Métro Bastille à Paris, ciel ouvert de nuit


Passer du rôle passif de spectateur-victime à celui d’acteur de notre bien être dans le monde moderne6 minutes de lecture

Station de Métro Bastille à Paris. Photo issue de mon compte Flickr

Notre monde moderne est une machine fantastique, capable de sauver un enfant du cancer, d’extirper une femme de la soumission…” pour peu que nous soutenions et défendions le système dans ses fonctions les plus nobles et contre ceux qui veulent les remettre en question. Dans des pays comme la France, l’État et sa volonté de contrôle passe par l’assistance chronique, moteur de notre extrême dépendance, notre déresponsabilisation et notre soumission, renforcées et occultées par l’illusion de l’indépendance “matérielle“ (endettés/esclaves ou non…) et son confort générateur d’égocentrisme inhibiteur de solidarités et de collaborations locales.

La fragilité de notre monde moderne, sans cesse complexifié, modernisé et actualisé, ne semble pas, dans l’ensemble, impliquer une remise en question individuelle, pour passer d’un rôle largement passif de spectateur-victime, à un rôle plus percutant d’acteur de notre propre bien être” (Vol West, 2011) contribuant à celui de nos proches et à ceux à qui nous pouvons prêter assistance ou avec qui nous pouvons échanger utilement.

Engourdis par le confort routinier procuré nos systèmes de support (eau, énergie, logistique alimentaire, traitement des déchets, communication, transports, sécurité, secours, soins…) “la conviction installée est qu’ils fonctionneront quoi qu’il arrive. Nous sommes tellement habitués à dépendre de la machine, que nous sommes aujourd’hui obligés de nous convaincre de sa durabilité, de sa fiabilité” jusqu’au déni de la faillibilité possible de ces systèmes et de la fragilité de nos existences dans des contextes et des laps de temps où la machine ne peut pas ou ne peut plus nous protéger et assurer notre confort. Il en découle le refus de la moindre défaillance. Alors que l’individu, la famille et le citoyen sont toujours en première ligne dans le laps de temps avant l’intervention (ou pas) de la machine… Même nos gouvernements reconnaissent timidement cela.

Certains estiment qu’entre leur travail et leurs occupations, ils n’ont pas le temps de se poser de questions. Mais que se passera-t-il en cas de problème, perte d’emploi, maladie, deuil, accident, sinistre, pannes, grèves, crises et autres troubles sociaux, notamment dans les laps de temps où la machine n’a pas encore pris (ou pas) le relais ? Sachant aussi que la machine ne nous prépare pas à ces chocs (inévitables) et à nos capacités de résilience ? Au contraire : la machine nous endort, et le confort et l’agitation qu’elle nous procure facilite la fuite face à des réalités inéluctables. À nous faire oublier aussi les tensions et les déséquilibres qui augmentent autour de l'épuisement de ressources naturelles, notamment le pétrole (seul moyen de mobilité longue sur les chaînes logistiques actuelles).

Certaines personnes ont conscience des conséquences potentiellement dramatiques des risques de défaillances de nos systèmes de support. Une autre forme de fuite peut s’installer “Les problèmes n’arrivent qu’aux autres”. D’autres seront résignés et acceptent de subir les conséquences, même tragiques. Ces derniers sont les esclaves absolus et plus ou moins assumés du système. D’autres, les “préparés”, préfèrent être dans l’action préventive et l’anticipation. Très loin d’être “des histoires d’ermites anti-sociaux avec trop de flingues sous le lit” il s’agit en réalité aujourd’hui et comme toujours, d’une affaire de bon sens, de responsabilité individuelle, familiale et citoyenne, d’altruisme et de raison d’être. Bref, d’être humain.

Alors qu’il est normal pour tout le monde “d’acheter” la sécurité en payant des assurances ou en installant des détecteurs d’incendie… “nos cultures ne peuvent envisager la préparation et le survivalisme autrement que d’un oeil dubitatif et inquisiteur”. Normal, quand il s’agit d’une réalité qui dérange et d’un déni d’une réalité. Les médias en quête d’audience par le spectaculaire y trouvent même leur compte au travers d’un grotesque prisme déformant et caricatural en mettant en scène des paranoïaques sur-armés et enfermés dans un bunker attendant la fin du monde pour pouvoir enfin dire “j’avais raison !”, ou bien encore en jetant sur une île sauvage des gens dont on filme la cure d’amaigrissement plus ou moins forcée et télévisée.

Si l’on y regarde de plus près, les préparations de type survivalistes ne sont pas seulement une question de sécurité et d’anticipation des risques de “ruptures de la normalité” à caractère plus ou moins exceptionnel. Elles sont en réalité beaucoup plus que cela. C’est une façon de vivre au quotidien qui consiste à prendre ses vraies responsabilités d’être humain. C’est donc de fait un acte politique et de résistance contre les excès de la machine. Il ne s’agit en aucun cas de refuser le confort et la modernité, mais bien au contraire d’en tirer profit dans un mode de vie responsable et citoyen. En dénonçant et en luttant réellement contre une manière de vivre complice d’un système de connivence et d’enrichissement de monopoles et de minorités nuisibles reposant sur le pillage à court terme et l’empoisonnement de ressources de plus en plus limitées. En dénonçant surtout le maintien et le renforcement d’une dépendance à outrance des individus vis à vis des systèmes de support. De la dépendance nait le contrôle par le système et la soumission de l’individu.

Certaines organisations ont horreur des gens indépendants, car la maximisation de l’indépendance et de l’autonomie sont les vecteurs de la vraie liberté et de la remise en question des organisations quand elles prennent la forme d’institutions visant le contrôle, la soumission et le profit pour les minorités exerçant ce contrôle.

Beaucoup de gens sont en mesure d’accepter ces idées, mais butent souvent sur la question de la faisabilité et des moyens. Il s’agit d’abord d’une question de volonté, de détermination et de mise en place d’actions concrètes dans le court, moyen et long terme, adaptées selon nos contextes propres et nos moyens (voir le lien à la fin du billet). Nous avons par exemple la possibilité de boycotter sans nous ruiner des produits, des réseaux de distribution… mais aussi de faire beaucoup plus que cela.

Comme le colibri faisant l’aller-retour avec la rivière arrosant l’incendie dans la jungle avec de minuscules gouttes d’eau tombant de son bec et répondant au toucan dubitatif et résigné : “Je fais ma part”, je ne changerais pas le monde tout seul mais je peux changer mon univers en travaillant mon indépendance, mes capacités de résilience, en expérimentant une certaine forme de liberté qui ne se réduit pas à un simple concept, mais un bonheur dans un équilibre retrouvé avec son environnement. La libération est d’abord intérieure par le détachement à notre égocentrisme-impasse qui nous aliène à nos addictions modernes et font de nous des esclaves de nous-mêmes.
Les 2 vraies facettes de la vraie liberté, intérieure et extérieure, se rejoignent alors en se nourrissant mutuellement en formant un cercle vertueux.

La liberté extérieure que nous atteindrons dépend du degré de liberté intérieure que nous aurons acquis. Si telle est la juste compréhension de la liberté, notre effort principal doit être consacré à accomplir un changement en nous-même (Mahatma Gandhi).

Je vous invite à lire les 2 billets cités ci-dessous pour détailler et approfondir la réflexion.

Les citations entre guillemets dans le texte sont tirés d’un billet de Vol West, déjà plein de lucidité il y a 6 ans :

« Qui contrôle la nourriture contrôle le peuple ». A lire dans la continuité du précédent lien, sur des moyens mis en œuvre dans le quotidien pour améliorer l’autonomie et la qualité alimentaire, notamment par le lien social.

3 Commentaires
  • Citoyens et entrepreneurs, reprenez le pouvoir aux banksters, multinationales, politiques et médias | Pierre Lannes
    Posté à 18:28h, 19 février Répondre

    […] Passer du rôle passif de spectateur-victime à celui d'acteur de notre bien être dans le monde moderne | Pierre Lannes […]

  • Election d'Emmanuel Macron : des citoyens français entre résignation et rêve d'espoir | Pierre Lannes
    Posté à 13:15h, 03 mars Répondre

    […] Lannes Passer du rôle passif de spectateur-victime à celui d'acteur de notre bien être dans le monde […]

  • ametller jean-luc
    Posté à 14:32h, 11 mai Répondre

    coooool 🙂 Bien dit Titou 😉 perso tout mis a plat je les condamnerais pour crime contre l’humanité ! trop contient me fatigue ! sur le cumul des abus de pouvoir instauré et modifier a leurs guise ! les  » empoisonneurs » ainsi que les  » fais ce que je dit ne fait pas ce que je fait  » magouille économique abusive , Abus de pouvoir , détériorateur de la terre empoisonneur alimentaire pollueur et manipulateurs économique abusif s’appuyant sur la misère , et les hiérarchies abusive . mais il nous restes la conscience et la communication (Merci internet) la ou seul l’info Manipulatrice est démentis ! (dsl pour les fautes j’ai pas les longues phrases ni l’orthographe , mais une conscience parfaite du savoir vivre ) 😉

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.