Introduction : Pourquoi les PCS et PICS sont-ils indispensables ?
En cas de crise majeure — catastrophe naturelle, accident industriel, rupture de chaines d’approvisionnement vitales à grande échelle et durable suite à une cyberattaque… —, les communes et intercommunalités doivent être prêtes à réagir avec efficacité. Les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) et les Plans Intercommunaux de Sauvegarde (PICS) sont les outils obligatoires pour organiser cette réponse.
Cependant, élaborer ou mettre à jour un PCS ou un PICS est un travail complexe, chronophage et exigeant. Si ce travail n’est pas mené rigoureusement, avec les ressources nécessaires, les plans risquent de s’avérer inefficaces, voire dangereux en situation réelle.
1. PCS et PICS : Des outils complémentaires pour une gestion de crise optimale
Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) : un document opérationnel au service de la commune
Le PCS est activé par le maire en cas de crise majeure. Son objectif est clair : protéger la population, les animaux, les biens et l’environnement en coordonnant les actions sur le territoire communal. Cela passe par l’alerte de la population, la mobilisation des moyens disponibles, et la mise en sécurité de tous.
- Les secours relèvent des services d’urgence (pompiers, SAMU, etc.).
- La sauvegarde (des populations, animaux, biens, environnement) est de la responsabilité des communes et intercommunalités.

Schéma : Protection de la population – Rôles « Secourir » (Services d’urgence) et « Sauvegarder » (Commune et intercommunalité)
Le Plan Intercommunal de Sauvegarde (PICS) : la coordination entre communes
Le PICS ne se substitue pas au PCS, il le complète en organisant l’entraide et la coordination entre les communes d’une intercommunalité. Il permet de partager les moyens, la mobiliser des ressources intercommunales (comme la gestion de l’eau), de soutenir les communes sinistrées et de coordonner les actions à une échelle plus large.
⚠️ Une obligation légale :
« Pour être cohérent et opérationnel, le PICS exige que les PCS de toutes les communes membres soient à jour. » Article L731-4 du Code de la sécurité intérieure
La loi Matras de 2021 a renforcé cette obligation en imposant aux Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) d’élaborer un PICS dès qu’une de leurs communes membres est soumise à un PCS. Par ailleurs, une évaluation tous les cinq ans est requise pour garantir leur caractère opérationnel (Article L731-8 du Code de la sécurité intérieure).
Des documents stratégiques devant rester à jour pour être utilisables et opérationnels
Sans mise à jour au fil de l’eau, ils deviennent vite obsolètes et inefficaces: annuaire, nouveaux élus… Les territoires changent et les risques évoluent, PLU/PLUI, les aléas aussi, les infrastructures, les technologies, le contexte géopolitique… Les risques émergents doivent être pris en compte, ils peuvent être liés à de nouvelles technologies (généralisation des batteries lithium et risques d’incendie).
Mais aussi :
- Partenariats avec de nouveaux services de secours,
- Mise à jour après un évènement majeur (catastrophe, pandémie…), un exercice avec RETEX,
- etc.,
2. Pourquoi ce travail nécessite-t-il des ressources ?
Élaborer un PCS ou un PICS sérieux ne se résume pas à remplir des formalités administratives. C’est un processus exigeant qui demande une réflexion approfondie, une organisation rigoureuse et des compétences spécifiques.
Un inventaire et une analyse des documentations réglementaires existantes

Les différentes documentations réglementaires sont recensées dans l’infographie ci-dessus. Citons en particulier :
- Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR)
- Dossier Départemental sur les Risques Majeurs (DDRM)
- Géorisques : portail permettant de voir l’historique des risques et documents identifiés pour la commune
Un diagnostic précis des risques
Pour être efficace, un PCS ou un PICS doit reposer sur un diagnostic complet et actualisé des risques auxquels la commune ou l’intercommunalité est exposée. Cela inclut les risques naturels (inondations, séismes, tempêtes), technologiques (industries, transports de matières dangereuses), ou encore émergents, comme les incendies liés aux batteries lithium dans les déchetteries ou les garages.
Il faut également prendre en compte les spécificités locales : topographie, sous-sols, climat, densité et typologie de la population (personnes âgées, personnes de passages, etc.), ainsi que les infrastructures critiques (écoles, hôpitaux, réseaux d’eau ou d’électricité).
Enfin, les risques sont systémiques et en cascade : NATECH, effet domino
Une organisation minutieuse des moyens
Un PCS ou un PICS efficace repose sur une mobilisation optimale des moyens disponibles. Cela implique de recenser et d’organiser :
- Les moyens humains : élus, agents municipaux, bénévoles (comme les membres de la Réserve Communale de Sécurité Civile RCSC, si elle existe sur la commune), mais aussi les partenariats avec les SDIS, la Croix-Rouge, les communes voisines ou encore les opérateurs locaux .
- Les moyens matériels et logistiques : véhicules, groupes électrogènes, stocks d’eau et de nourriture, ainsi que des points de rassemblement ou des hébergements d’urgence.
- La communication : il est crucial de prévoir des systèmes d’alerte fiables (sirènes, SMS, réseaux sociaux) même en situation dégradée, (systèmes mesh et radio résilients) afin d’informer la population et de coordonner les actions.
Des outils opérationnels
Pour être pleinement efficace, un PCS ou un PICS doit inclure des outils concrets :
- Des fiches réflexes détaillant les procédures à suivre en cas de crise (ex. : « Que faire en cas d’inondation ? », « Comment évacuer les personnes âgées ? »).
- Des outils cartographiques pour visualiser les zones à risque, les points de rassemblement ou les ressources disponibles.
Le nécessité d’une population et des élus informés et préparés
Sensibiliser les habitants aux risques et aux bonnes pratiques, et organiser des exercices réguliers, permet de tester et d’améliorer le plan, tout en évitant les mouvements de panique en cas de crise réelle, permettant aux services de secours de ne pas être entravés et de pouvoir cibler et prioriser les secours vers les plus vulnérables.
À ce titre, une registre des personnes vulnérables, maintenu en permanence avant les crises, conjugué à une population globale bien préparée, permettra de faciliter l’organisation et la hiérarchisation des secours.
La création d’une Réserve Communale de Sécurité Civile (RCSC) est un moyen efficace de mobiliser des citoyens bénévoles pour renforcer la résilience de votre commune.
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004
La sécurité civile est l’affaire de tous. Tout citoyen y concourt par son comportement. Une véritable culture de la préparation au risque doit être développée.
Le DICRIM : un document obligatoire pour informer les citoyens
En complément du PCS, le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM) joue un rôle essentiel dans la prévention. Ce document, obligatoire, doit être mis à disposition de tous les habitants et révisé tous les 5 ans (avec une communication tous les 2 ans).
3. Pourquoi faire appel à un expert ?
Un travail chronophage et complexe
Les communes et intercommunalités n’ont pas toujours les ressources internes pour mener à bien ce travail. En effet, il nécessite :
- Un diagnostic complet des risques, qui demande du temps et une expertise spécifique.
- Une coordination efficace entre les différents acteurs (élus, services techniques, partenaires).
- La rédaction de documents clairs, précis et opérationnels, adaptés aux réalités locales.
L’expertise fait la différence
Faire appel à des experts comme Géorésilience c’est bénéficier de :
- Une connaissance approfondie des obligations légales (loi Matras, Code de la sécurité intérieure, etc.).
- Une expérience terrain qui permet d’anticiper les risques réels et d’adapter les solutions à chaque territoire.
- Un accès à des outils et méthodes éprouvés (cartographie, fiches réflexes, retours d’expérience, etc.).
Des enjeux trop importants pour être négligés
Un PCS ou un PICS mal conçu peut avoir des conséquences graves :
- Retarder les secours en cas de crise, mettant ainsi en danger des vies humaines ou des biens.
- Exposer la commune à des responsabilités juridiques en cas de dysfonctionnement.
4. Les risques négligés : ne pas oublier l’essentiel
L’autonomie alimentaire, un enjeu sous-estimé
Parmi les risques souvent sous-estimés dans les PCS et PICS, l’autonomie alimentaire est un sujet critique. En cas de crise majeure (blocus, catastrophe naturelle, pandémie), les communes doivent être capables d’assurer l’approvisionnement en nourriture et en eau pour leur population.
Pourtant, selon le rapport public annuel 2022 de la Cour des Comptes :
« En dehors du plan de pandémie grippale de 2011, méconnu des acteurs et donc peu utilisé, il n’existe pas en France de stratégie nationale formalisée de sécurisation des approvisionnements alimentaires, ni de service consacré à cette fonction comme cela peut exister dans d’autres pays. »
Les chiffres sont alarmants :
- Le degré d’autonomie alimentaire des 100 premières aires urbaines françaises est en moyenne de 2 %.
- 97 % de la production agricole locale est consommée hors de son territoire de production.
Ces données montrent à quel point les communes sont vulnérables en cas de rupture des chaînes d’approvisionnement. Intégrer ces enjeux dans les PCS et PICS est donc essentiel pour garantir la résilience des territoires.
Un paradoxe et une ironie mortelle pouvant être transformées en formidables opportunités économiques et sociale
Un département comme le Gers, qui est cité pour exemple ici avec la commune de Mauvezin, est un producteur agricole qui importe 95% de son alimentation qui est transformée ailleurs. Et les gersois importent 95% de ce qu’ils mangent…
L’exigence de sécurité imposée par la loi sur les PCS/PCIS/DICRIM nécessite de sécuriser l’alimentation locale, permettant alors la révision du Plan Alimentaire Territorial (PAT) et du Schéma de cohérence territoriale (SCoT) pour diversifier la production, relocaliser la transformation, le stockage et la distribution, favoriser les circuits courts.
5. Comment nous pouvons vous aider ?
Avec Géorésilience et mon expertise de conseiller municipal et correspondant incendie et secours, nous vous proposons un accompagnement complet et sur mesure pour :
- Auditer votre PCS ou PICS existant : vérification de la conformité légale, identification des lacunes et des axes d’amélioration, y compris sur les risques négligés comme l’autonomie alimentaire.
- Élaborer ou mettre à jour votre PCS ou PICS : diagnostic complet des risques (y compris émergents comme les batteries lithium ou les cyberattaques) et des moyens, rédaction des documents (fiches réflexes, outils cartographiques), intégration des spécificités locales.
- Former vos élus et agents : sensibilisation aux enjeux de la gestion de crise, organisation d’exercices pour tester et améliorer votre plan.
- Coordonner avec vos partenaires : SDIS, Croix-Rouge, communes voisines, opérateurs (Saur, Enedis, etc.).
6. Prochaines étapes : Agissez dès maintenant !
La gestion des crises ne peut pas être laissée au hasard. Vérifiez dès aujourd’hui la date de votre dernier PCS ou PICS : est-il à jour ? Identifiez les risques émergents dans votre commune, comme ceux liés aux batteries lithium, aux cyberattaques, ou encore à l’autonomie alimentaire.
Contactez mon partenaire Géorésilience conseil en résilience des territoires ge***********@****on.me pour vous accompagner afin que votre commune ou intercommunalité soit prête à affronter n’importe quelle crise.
Conclusion : La résilience de votre territoire est entre vos mains
Les PCS et PICS ne sont pas de simples documents administratifs. Ce sont des outils vitaux pour protéger vos habitants, vos biens et votre environnement en cas de crise.
Un travail sérieux nécessite des ressources — et c’est précisément là que Géorésilience et moi intervenons. Grâce à notre expertise et notre expérience, nous vous aidons à élaborer des plans opérationnels, conformes et parfaitement adaptés à votre territoire, en intégrant tous les enjeux, y compris ceux souvent négligés comme l’autonomie alimentaire.
💡 Le saviez-vous ? « 97 % de la production agricole locale est consommée hors de son territoire de production. »
(Source : Rapport public annuel 2022 de la Cour des Comptes)
Et vous, êtes-vous prêt à gérer une crise d’approvisionnement ?
Merci pour votre lecture ! N’hésitez pas à partager cet article avec d’autres élus ou agents territoriaux. Ensemble, renforçons la résilience de nos territoires.


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